GES - Groupe d'Epistémologie de la Sophrologie

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Les protocoles de recherche

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Sophrologie scolaire

 

Les retours concernant le protocole

"Sophrologie scolaire"

Nathalie  :

«En ce qui me concerne, les demandes concernant les enfants et les ados que je reçois le plus couramment, sont : la confiance et l'estime de soi et la gestion du stress.

On me parle souvent d'angoisse et d'anxiété. Dans la plupart des cas, je me rends compte qu'il s'agit d'un ressenti dû à un phénomène venant de l'extérieur : stress des examens par exemple.

D'où la nécessité pour nous, de clarifier les demandes que nous recevons. Je ne peux me prononcer sur un choix, par contre m'adapter à la situation.

J'aimerais aussi évoquer un phénomène que je rencontre de plus en plus : les ados insomniaques.»

Virginie  :

«Sophrologie scolaire : domaines d'application que je souhaite investir :

Remarque 1

L'intervention en milieu scolaire est certainement objectivée en fonction du domaine d'application, il reste que entrer dans un entraînement sophrologique permet de développer transversalement tous ces domaines.

Remarque 2

La technique des sophronisations est efficace mais durable ?... pour moi les protocoles doivent faire une part belle à la RD1 à chaque début de cursus. Le schéma corporel comme réalité vécue est le principe fondamental de la sophrologie ; attention à ne pas convoquer que le moi présentiel !

Mon choix de domaine d'application en fonction de mon expérience (j'exerce depuis cette année en tant que sophrologue...) ; j'ai travaillé 10 ans avec les adolescents (aide social et prévention judiciaire) en place d'ES.

Rapport de stage sur un cursus de 14 séances pour élèves de terminales (Lycée Les Cordeliers).

La principale demande des élèves concerne la gestion émotionnelle (anxiété, stress). C'est le domaine d'application où la demande s'exprime davantage. Pour plusieurs, une plus grande facilité envers les apprentissages a été exprimée en fin de cursus

J'ai contractualisé cette année avec un lycée professionnel ; j'interviens 3 mois dans un internat. Encore une fois la sophrologie est convoquée pour ces apports en terme de gestion émotionnelle. L'infirmière scolaire à l'origine du projet, combat le tabagisme en souhaitant apporter la réponse de relaxation aux difficultés émotionnelles rencontrées par ses élèves ; je monte un projet à long terme avec le lycée Les Cordeliers.

En effet il est question que je puisse démarrer la sophrologie sur l'heure «vie de classe» avec les secondes pour sensibiliser les élèves à l'approche psycho-corporelle et ses bénéfices en terme d'hygiène émotionnelle ! Ces mêmes élèves pourront bénéficier en classe de première (l'année suivante) de protocoles plus axés sur l'apprentissage et la mémorisation.

Conclusion : je choisis d'investir le domaine d'application anxiété que j'aimerais plutôt redéfinir comme domaine de la gestion émotionnelle.

N.B : c'est bien sûr parce qu'il faut faire des choix car je reste fortement investie par les domaines d'application de mémoire (apport des sciences cognitives, MCT/MLT..)

et apprentissage (question de la motivation).»

Marie :

«Je suis intéressée par le domaine de l'anxiété. Ayant effectué 2 stages d'application avec un public d'étudiants (Masters / BTS), j'ai pu constater que ce problème était central dans les groupes et que le travail en sophrologie sur la posture, la détente, la confiance en soi etc. permettait d'aborder d'une façon plus personnelle, les situations anxiogènes comme les examens, les entretiens de recherche de stage, les choix d'orientation etc.

Je vais poursuivre le travail avec ce public de façon régulière.»

Corinne :

«Je démarre dans la profession et n'ai pas encore eu l'occasion de créer des protocoles spécifiques pour la sophrologie scolaire.

Néanmoins j'aimerais plus spécifiquement travailler sur les domaines de la mémoire et l'attention (concentration). Les raisons qui motivent mon choix sont les suivantes : j'aimerais intervenir auprès des lycées et grandes écoles sur ces domaines. Pour cela j'aimerais échanger (ou valider) avec d'autres professionnels sur les protocoles que l'on peut proposer sachant que les demandes pour gérer les troubles de la mémoire et concentration sont croissantes.»

Carole :

« (…) Je travaille beaucoup ( j'essaie !...) l'attention, la concentration avec ma classe de CM1, dans un  internat pour enfants ayant des difficultés scolaires et familiales.

Sandrine :

«Pour moi la priorité va sur l’attention et la concentration, sur le fait de savoir se poser.

Mon début d’expérience comme Sophrologue au Collège auprès d’un groupe de 10 jeunes de 6ème m’a confronté à quelques constats :

Ils ont, pour un grand nombre, du mal à se poser c’est-à-dire à rester calme plus de 1 ou 2 minutes (besoin de bouger le corps).

Ils veulent du jeu, du ludique, du rapide avant tout pour un très grand nombre.

Ils ont beaucoup de mal à se concentrer, à être attentifs (même dans un jeu de sophro ludique comme le «Niong/slag/coucou»).

Ils se parlent souvent mal et sont assez agressifs dans leurs échanges (contenu, débit et ton de voix). Il y a donc, de mon point de vue, un travail important sur le «vivre ensemble» pour ensuite aller sur un problème qui me semble prioritaire qui est la difficulté à être attentif et concentré. J’ai un article très intéressant à ce sujet (le monde de l’intelligence de novembre 2011).

Ce que je décris est bien sûr amplifié par le phénomène du groupe qui est déjà d’une bonne taille. Cela est moins marqué en individuel ou en petit groupe de 3 à 4 enfants au cabinet. Je pense même que les plus jeunes de 7-8 ans ont moins de souci de concentration et d’attention. Ceci est un début de constat mais je ne m’appuis sur rien de scientifique à ce sujet. Peut-être certains d’entre vous ont des réponses, des avis

sur tout cela.

Je suis vivement intéressée par vos expériences respectives.»

Lydie :

« Pendant ma deuxième année de formation, j’ai animé des séances (17) auprès d’un enfant de 10 ans qui rencontre des difficultés d’apprentissage depuis la grande section maternelle. La demande des parents et de l’enfant était : amélioration de la concentration, de l’apprentissage. L’équipe pédagogique pensait que l’enfant manquait de motivation, de volonté et qu’elle était dans la dilettante. Très rapidement les séances ont apporté à l’enfant : de la confiance (enfant introvertie, elle s’est fait des amies et commence à participer à l’oral et en groupe), du plaisir à aller à l’école.

L’équipe pédagogique a noté de la volonté, de la motivation, une amélioration de la concentration et a fait le constat que l’enfant est dysorthographique, dyscalculique. Depuis, l’enfant est suivi par d’autres professionnels. J’ai appris ce week-end qu’il souhaitait revenir faire des séances.

Je suis diplômée depuis juillet et j’ai ouvert un cabinet le 28 septembre. Je reçois déjà plusieurs personnes en individuel dont 2 enfants :

- 11 ans, scolarisé en 6ème, perd tous ses moyens devant un devoir alors qu’il connaît son cours, vit le trou noir.

- 14 ans, scolarisée en 3ème, un an d’avance, excellente élève, très stressée, ne dort pas la veille d’un devoir, a des migraines, s’énerve et se met en colère après ses parents.

Voilà mes seules petites expériences concernant la sophrologie scolaire.»

Nicolas :

«Je suis orthophoniste depuis 14 ans, donc je prends en charge autant des adultes que des enfants, des personnes souffrant de handicap, trouble de la voix, maladies neurodégénératives... Je participe en moyenne à trois formations par an pour rester dans le ton l'action et la présence, je participe aussi à des ateliers d'analyse de la pratique (ce qui est indispensable).

Je suis particulièrement intéressé par :

- les troubles de l'attention, je suis plusieurs enfants atteints de TDAH, j'apprécie le travail avec ces enfants souvent vifs, curieux, très dynamiques. Je dispose de quelques outils. La sophrologie m'aide à les canaliser en début de séance en particulier et favoriser leur concentration... Je suis assez sollicité pour ce type de prise en charge car je suis un homme dans une profession fortement féminisée (j'essaie d'utiliser des exercices permettant d'être dans le présent, empruntés à la méthode Vittoz)

- les troubles de la mémoire, je travaille en effet avec des personnes atteintes de trauma crânien, AVC, maladies neurodégénératives (DTA, Parkinson...), j'apprécie la variété de ces prises en charges car on peut travailler sur une multitude de mémoires avec des outils très diversifiés en particulier l'olfaction (avec une patiente Alzheimer).

- les troubles d'apprentissage qui constituent mon quotidien :comment rendre l'apprentissage plus facile, ludique (par sa décomposition, l'utilisation de la gestion mentale...), plus concret et faire appel à la métaphore, l'imaginaire... ?

- les troubles anxieux, les phobies, les tics et les tocs sont relativement présents. Je les rencontre chez des enfants et adolescents en échec, qui ont peur de rater, de mal faire... Ils sont aussi parfois réactionnels à un trouble de la voix, le bégaiement, un handicap...

Brigitte :

«Attention à l’attention !

L’attention est, de mon point de vue d’enseignante (depuis 15 ans), un des fronts pionniers à faire avancer dans l’éducation. Je vois tellement d’élèves intelligents qui ne réussissent pas comme ils voudraient car ils n’arrivent pas à rester attentifs pendant l’heure de cours, comme en témoignent les parents dans leur vie quotidienne. Ils entendent, mais n’écoutent pas, ne s’écoutent pas… d’où l’intérêt de leur proposer un entraînement à l’écoute des sensations, à partir d’exercices adaptés à leur âge (plus ou moins ludiques ). Développer l’attention permet de développer la mémoire, d’être plus confiant, moins anxieux quand vient l’heure du contrôle. Cependant, en tant que sophrologue, depuis  presque 10 ans, je m’oriente de plus en plus vers des micro-séances (5 min), en début de cours ou au besoin. Il est vrai que dans mon académie, je me heurte à un mur de préjugés pour mettre en place des ateliers officiels…

Les pratiques que l’on peut proposer aux enseignants feront-elles partie de notre étude ? On peut alors toucher indirectement l’attention des élèves.»

Florence :

«Me concernant, j'interviens auprès d'un public enfant/ados en cabinet. Les champs d'application qui reviennent régulièrement : troubles de l'apprentissage essentiellement liés à une problématique de concentration et d'attention. Je m'intéresse plus particulièrement au TDAH.

Autre champ, plus fréquent chez les ados, mais néanmoins croissant chez les enfants : l'anxiété liée au contexte scolaire essentiellement.

Dans le cadre scolaire, je m'appuie sur mon expérience d'ex-enseignante en primaire, et ex-enseignante spécialisée ainsi que sur mes interventions en lycée dans des quartiers sensibles.

Au niveau des lycéens et des collégiens, je m'intéresse à la relation au groupe. Elle doit être comprise par le sophrologue, et appréhendée (codes, valeurs...). Les champs d'application tels que nous les définissons doivent être compris et partagés également par les professionnels de l'éducation (en terme d'objectifs, d'évaluation commune...). Il s'agit bien d'avoir une vision intégrative de notre intervention auprès de ce public.

Concernant le public adolescent, je souhaite donc investir une réflexion dynamique autour de nos champs d'application en matière de sophrologie scolaire. C'est cette approche que je privilégie sur la problématique dans mon intervention en cycle supérieur à l'ISH de Lille.»

Claire :

"Effectivement, beaucoup de jeunes sont capables de travailler sur des capacités qu'ils ont, mais qui sont en sommeil pour différentes raisons personnelles, familiales, sociétales et sociales.

Cela semble manquer à l'humain, ici le jeune scolarisé, allant vers sa vie d'adulte avec toutes les transformations que cela incombe et la connaissance de soi. Dans cette connaissance de soi, il y a son propre accueil aboutissant inévitablement sur l'accueil de l'autre, intéressant et primordial pour la vie en collectivité.

Une grande partie des élèves dans la majorité des établissements scolaires (je pense ici au secondaire dont les collèges, les lycées, sans oublier les lycées professionnels),

rencontrent :

- non seulement des difficultés dans leurs expériences longues d'élève,

- mais aussi des difficultés (parfois importantes) de comportements (verbaux et physique)...

parce qu'il n'y a plus de communication avec soi (le temps pour soi de se découvrir dans une société qui demande dès la petite enfance : consommation, performance et paraître). Donc moins de communication avec l’autre dont l’ignorance est le déclencheur de peurs diverses parasitant les êtres. Le désordre s’installe et s’amplifie même si ce que j’évoque n’est pas le seul facteur mais, ce me semble, est l’un des premiers à mettre en avant.

Les malaises provenant des «maux à être» peuvent être corrigés par la sophrologie possédant tous les outils pour travailler sur cela (beaucoup de RD1).

La difficulté est aussi de l’étendre aux établissements : budgets, autorisation des chefs d’établissement, autorisation du ministère etc… Cela demande un investissement de leur part car beaucoup de sophrologues sont prêts à intervenir en milieu scolaire. Toutefois, il est évident et normal que des responsables administratifs demandent des preuves, pourquoi ne pas travailler sur un recueil commun, faire une étude avec différents cas suivis sur deux années das des établissements pilotes ?... ce que j’ai proposé à un établissement (lycée professionnel), dont le budget a été réduit. Je vais leur proposer cette aventure d’une autre manière.

Il serait également bien que les adultes pédagogues, en dehors de ceux devenus sophrologues, soient invités à vivre des ateliers de sophrologie sans les élèves puis avec les élèves de leurs classes. Pourquoi pas ne pas étendre la pratique au personnel de l’établissement tout entier ? Car ici, le groupe scolaire n’est pas uniquement basé sur l’élève, à mon sens, il s’appuie sur tous. Les pédagogues ont un métier de plus en plus difficile et s’ils rencontrent, eux aussi, des moments d’harmonie avec soi, ils transmettront par leur comportement, une harmonie au groupe, une meilleure adaptation à leur milieu, une meilleure écoute.

Il sera alors possible de travailler vers une autre étape très importante : la concentration, la présence à « ce que je fais, ce que je vis, aux règles de la classe, du travail et du groupe ». Car, le travail de la rencontre avec soi, l’harmonie possible à trouver, la confiance en soi et celle que le jeune individu pourra porter à l’autre ouvriront les portes vers le reste qui sera plus simple à vivre et plus cohérent, peut- être.

N’est-il pas plus urgent de travailler sur l’être, cette entrée «en amitié avec soi» pour devenir pleinement acteur de sa vie et pleinement vivant au sein du groupe si dense et si impressionnant que représente le milieu scolaire ?

Cette confiance retrouvée ouvrira inévitablement les portes, pour certaines sur le travail lié à l’attention, à la concentration pour atteindre une réussite laissant ainsi davantage d’auto-agression et d’agression en vers autrui à la porte de soi et de l’établissement scolaire.»

Guillemette :

«De part mon expérience d’éducatrice sportive et sophrologue, il m'apparaît important d'axer le travail sophrologique en milieu scolaire sur :

- le schéma corporel vécu, ressenti ; conscience de sa présence de son existence physique, incarnée ;

- le renforcement des ressources, des capacités de chacun ;

- la concentration ;

- la présence aux autres et à l'environnement, (le respect des personnes, des règles,

des choses etc..) ;

- apprendre à vivre tout ce qui est désagréable et apprendre à le gérer (j'entends

aussi bien le stress, l'angoisse, l'anxiété qu'un désaccord avec un copain ou un

adulte, etc...).»

Anne-Fleur :

«J'interviens depuis cette année dans un collège privé pour animer un club d'initiation à la sophrologie adressé aux élèves de 6ème. J'ai pour l'instant trois élèves dont la demande tourne autour de la capacité à "maîtriser leur respiration (deux d'entre eux font de l'asthme), gérer leur énergie, se contrôler, moins s'emporter". Ils sont également demandeurs d'exercices pour apprendre à mieux se concentrer en classe.

Ils font eux-mêmes le pont entre les pratiques de sophrologie et leur utilisation dans la vie quotidienne. Tout tourne donc autour de la gestion des émotions et de la capacité à se centrer, se concentrer. Je démarre chaque séance par une courte pratique autour de l'équilibre et de la respiration puis j'enchaîne sur la relaxation dynamique (pour l'instant le premier degré).

Je ne sais pas encore comment cela va s'organiser mais j'ai proposé de prendre un groupe différent sur chaque trimestre. J'ouvrirai peut-être à d'autres niveaux car il semblerait qu'il y ait de la demande au niveau des élèves de 3ème



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